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Le deuil de ma naïveté

  • Mick-
  • Nov 9, 2019
  • 6 min read



Dans un monde en constante évolution, il est normal de se positionner face à la vie, au monde qui nous entoure et en avoir une opinion personnelle pour définir notre conception de celui-ci. Il est normal qu'à travers les étapes de la vie, nous évoluons avec le monde, puis nos conceptions changent. Quand j’ai démarré ce blog, je sentais que le monde, dans le plus énorme sens qu’il peut avoir, était sensiblement bon de par sa nature. Je le sentais au fond de moi et je le sens toujours d’ailleurs. Par contre, là où je me suis trompé était que les gens, qui peuplent notre mère-planète, n’étaient peut-être pas d’accord avec cette vision utopique de la vie dans le sens où la quête du bonheur devient plutôt une compétition individuelle où le bonheur individuel a priorité sur le bien commun.


En vieillissant, et on le voit à travers l’évolution de ce blog, j’ai dû faire le deuil d’une naïveté, que je m’imposais par soucis d’ouverture d’esprit. Voici le cheminement que j’ai fait en suivant les cinq étapes classiques du deuil psychologique. (Je suis conscient qu’il y a plusieurs théories différentes et plusieurs étapes additionnelles, mais j’avais besoin d’un model simple, merci de votre compréhension.)


Tout d’abord le déni : Il est tout simplement normal, en commençant sa vie d’adulte, de vivre dans le déni de l’évidence : le monde tourne mal et on ne veut pas le voir. On se sent jeune, invincible. On se dit que nous pouvons changer le monde et que l’univers nous donnera tout ce que l’on veut. Je n’étais pas naïf de croire au bien, mais je l’étais de penser que tout le monde le sentais au fond de lui-même comme je le faisais. Dès qu’on arrive au premier creux de sa vie, quand on arrive à faire ses premiers pas seul qu’on réalise que l’univers ne répond pas à toutes nos demandes. Moi ça été après mes études, où j’ai terminé mon trajet tracé depuis des années et que j’ai commencé à patauger dans la barbotteuse de la vie. Où j’ai vu des collègues me rabaisser au lieu de m’aider. Où j'ai vu des institutions agir comme des robots, sans considération, au nom de la sainte monnaie. Comme un atémi sur la poitrine, on réalise que l’on frappe un mur et que les gens ne sont pas tous gentils avec tout le monde, surtout si ça ne sert aucunement leurs intérêts personnels. Pour continuer je ne pouvais plus vivre dans le déni.


C’est à ce moment que nous sommes le plus vulnérable. Comme un enfant qui se fait dire non pour la première fois de sa vie et qui ne réalise pas trop ce qui se passe, l’Univers nous dit non : fais ton chemin sans que je ne te donne tout. Avec du recul, il est tout simple d’accepter cette façon de voir les choses, mais sur le coup on se dit : Maman, jusqu’à maintenant tu m’as tout donné, pourquoi maintenant ça arrête!? La deuxième étape du deuil est la colère. Dans ce temps, je croyais que l’ultime but de la vie était d’être heureux. Je me suis alors dit que j’allais être le seul à faire mon bonheur et, même si je voulais être bien, j’allais me concentrer sur moi-même; au diable le reste! Je ne voulais pas penser aux problèmes dans le monde. Je ne voulais pas me comparer aux autres. Je voulais seulement faire ma propre voie, ce qui n’était pas une mauvaise idée. Mais lorsque l’émotion baisse et que la colère s’apaise contre la méchanceté et l’individualisme humain, on peut se demander : comment puis-je faire pour avoir la faveur de l’univers, la gentillesse des gens? Personnellement, je ne suis pas capable de rester en colère très longtemps et je vouais trouver le moyen d’ouvrir le monde à moi au lieu de moi m’ouvrir au monde. C’est alors que j’ai compté sur le Karma.


Donc, je marchandais. Je me disais : si je travaille fort, si je continue, si je persévère, la vie va m’offrir ce que je mérite. De plus : si je suis gentil avec les autres, si je ne suis pas un con, la vie va me redonner ce que je veux. Le Karma récompense et puni, c’est la loi de la nature si on y croit. L’erreur ici est encore de tout vouloir pour soi. Faire le bien pour avoir une récompense, travailler fort en pensant que tout est déjà acquis. Encore une fois avec du recul, c’était simple comme façon de penser. Le Karma est un peu plus compliqué. Il ne récompense ni ne punit, mais il est la force nécessaire à l’évolution, car il fait apprendre. Mais à l’époque je ne le voyais pas ainsi. J’ai essayé de bien faire les choses, j’ai essayé de faire les choses à ma façon; souvent je me suis planté. J’ai donc appris! En continuant, une des leçons que l’on doit apprendre est que nous ne contrôlons vraiment rien. Pas plus le Karma que le monde extérieur que ce que l’univers nous donne. Après des efforts incalculables, on tombe épuisé.


C’est quand les choses s’écroulent que nous perdons foi en l’humanité. On regarde autour de nous et on voit notre naïveté s’envoler en fumée. D’un côté je travaille fort et j’essaie d’être la meilleure personne possible et de l’autre je vois une société malveillante, manipulatrice, hypocrite et individualiste qui à l’aire de carburer à cette négativité et qui réussit très bien. On ne peut qu’en être dépressif. Moi, je ne voulais plus rien faire. Je voulais décrocher. J’ai dû arrêter un peu. Me centrer sur moi-même et faire passer une thérapie à mon âme. Je n’ai jamais vraiment pensé au suicide, mais la question de pourquoi vivre m’a hanté durant un nombre incalculable de nuits. Si on prend la science avec l’image de la vie qu’elle nous présente : Nous somme une multitude de réactions chimiques qui a évolué sur une planète parmi une infinité. Nous n’avons aucun but, nous ne servons à rien, nous vivons, nous mourrons c’est terminé; nous sommes une anomalie de la nature. De plus, tous les problèmes dans le monde ne sont tous et chacun qu’individuel et dans tous les secteurs, même si nous les avons tous créé, ils sont trop compliqués pour que l’on puisse proposer des solutions; pour que les plus motivés et les plus fortunés s’unissent pour éradiquer l’injustice. Car on nous dit que régler un problème peut complètement débalancer notre beau système économique et que tout le monde peut perdre de l'argent. Comment pouvons-nous être heureux dans ce monde? Au fond de moi cette définition d’un monde sans fondements en sans but est fausse. Si les problèmes étaient tous si grands, s’il y avait autant de gens qui profitaient de ces problèmes pour avoir plus d’argent qu’ils ne puissent être dépensés. C’est tout simplement que quelque chose est orchestré volontairement. Car l’inaction dans un simple confort est un signe de complicité. Serions-nous alors dans un duel opprimants/opprimés; bien/mal? C’est avec ceci que la dépression est vaine et qu’il faut faire quelque chose, car il y a espoir.


C’est pourquoi j’ai voulu des réponses; pour accepter. La beauté de la vie est justement de trouver ses propres réponses dans chacune des situations. J’ai premièrement changé ma définition du but de l’humanité. Maintenant, pour moi, le but n’est plus d’être bien, mais d’évoluer. Si nous évoluons en tant que personne et en tant que société, le bien se manifestera. Car au-delà de la science, au-delà des religions, des différents pays de toute la méchanceté que l’on peut voir, une chose est sure, le bien existe. S’il existe déjà, le but de l’humanité est déjà à portée et le temps pour y arriver n’est qu’une distance. Que ce soit dans quelques années ou dans cent siècles, il est déjà sûr que la prochaine étape de l’évolution de l’homme y arrivera. C’est même inévitable, donc apaisant à la fois. Après tout, la majorité contrôlée est plus puissante que la minorité contrôlante. Si l’histoire nous cache des choses, si la science nous cache des choses, si la politique nous cache des choses, c’est qu’il y a toujours place à l’évolution. Et même si la société nous parait sale, en tant que participant à cette dite société, il est de notre devoir de pointer les endroits malpropres et de les nettoyer. C’est de cette façon qu’individuellement et collectivement nous allons pouvoir évoluer.


Bref, il y a quelques années j’étais naïf et pessimiste. Maintenant je suis réaliste et optimiste. J’ai fait mon deuil de ma naïveté, je me suis informé. Le bien commun réel n’existe pas réellement mais existera dans un futur. Nous vivons dans une société d’esclaves rémunérés pour enrichir des gens qui ne respectent rien. Par contre, l’heure du jugement sonnera bientôt. On voit l’évolution. On voit les gens qui ne sont plus capable de tolérer les injustices. On voit un désir de changement et d’un bien commun, plus juste, au dépend de sacrifier des richesses infinies. Car, si nous avons la même vie qui nous habitent, la même source d’énergie qui fait fonctionner ces combinaisons chimiques qui nous tiennent en vie. Nous sommes semblables, nous ne sommes qu’un, et nous méritons équité, égalité et justice.


Mick-

 
 
 

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